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VILLE DE POIX
(En Picardie)

- Sa description - Son origine - Sa position - Ses habitants - Sa charte communale -
- Ses églises - Ses prieurés - Son ancien doyenné - Ses châteaux - Sa seigneurie -
- Ses Justices - Sa principauté - Son duché-pairie - Ses seigneurs -

ARMOIRIES DE LA FAMILLE DE SAINT-HILDEVERT


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ARMES (anciennes) DE LA VILLE DE POIX :

D'azur, à une tour crénelée d'or, accostée de deux croix
Recroisettées et fichées de même.
(Dumont de Moyencout, manuscrit.)

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ARMES du Prieuré de Notre-Dame de Poix :

D'or, à trois daims de sable, posés 2 et 1.
(Armorial de Picardie, manuscrit de la bibliothèque impériale.
(Cabinet des titres.)

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ARMES du Prieuré de Saint Denis de Poix :

De sinople, à deux fasces engrelées d'argent.
(Armorial de Picardie, etc.)


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VILLE DE POIX
(EN PICARDIE)
_


La ville de POIX, dépouillée des marques de son ancienne grandeur, est située dans une vallée, au pied d'une montagne qui domine tous les environs et en fait un site pittoresque. Elle est située à 26 kilom. sud-ouest d'Amiens et à 116 kilom. de Paris; elle est traversée par la route de Paris à Calais, par celle d'Amiens à Rouen et par la ligne ferrée entre ces deux villes. Chef-lieu de canton, de justice de paix, de perception et de doyenné, cure de 2e classe. On y trouve deux notaires, un huissier, un receveur d'enregistrement, un receveur des contributions indirectes, une brigade de gendarmes à cheval, un agent-voyer cantonal, un bureau de poste aux lettres, étape et relais. Marché, le mercredi; franc-marché, le 2e mercredi de chaque mois; foires. le 30 mai et le 29 septembre. Nombre de maisons 300 ; population : 1,320 habitants.

Fête patronale Notre-Dame ou l'Assomption (15 août).

Poix, jadis Poid, Poy, Poye, Pois, Poi (en latin on trouve Podio, Podium, Picdoiurn, Pecium, Peyum, Poium, Peium, Poxium, Pisceium, Piceium et Piscae). Son Etymologie lui vient de podium, podius, poypia, Castellum, maison rustique; ou de poium collis mons, mont de la colline.
Petite ville de l'ancienne province de Picardie, située sur les confins de l'Amiénois, du Beauvaisis et de la Normandie. Son origine se perd dans les temps les plus reculés. 12 Par sa position à l'extrémité de trois provinces, elle se trouvait être un point stratégique destiné à protéger de ce côté la capitale de l'Amiénois contre les attaques des Normands d'abord, et après contre celles des Anglais dans les siècles qui suivirent l'entreprise heureuse de Guillaume le Conquérant. Entourée de murs élevés, défendue par deux châteaux et protégée par un troisième, celui de Famechon, la capitale du pays pohier, poheri, eut souvent à soutenir les attaques de voisins jaloux ou désireux de s'assurer une place d'armes d'où ils auraient pu diriger leurs entreprises jusqu'au coeur même de la province de Picardie.
Cette circonstance toute spéciale, I'humeur quelquefois un peu guerrière des châtelains de Poix, et les malheurs des temps, n'ont pas toujours permis aux habitants du pays pohier (1) de jouir sans interruption des bienfaits de la paix; et les champs de bataille sont devenus pour eux l'école où ils ont appris à se former à la pratique de l'art militaire.

(1) Les habitants de Poix ont reçu très longtemps le nom de Pohiers, en latin Poheri; et ce nom a été étendu, sur un assez grand espace de terrain, aux populations des villages occupant, d'une part, les limites de l'Amiénois; et, de l'autre, les limites du Ponthieu. Les Pohiers, qui sont mentionnés par Guillaume le Bâtard et Philippe Moukes, se signalèrent à la bataille de Bouvines, sous le commandement de Thomas, seigneur de Saint-Valery, et c'est le fait le plus notable de leur histoire.
( Augustin Thierry, Extrait des documents inédits sur l'histoire du tiers état.)

En 1066, ils répondent à l'appel du duc Guillaume de Normandie; Sa flotte les transporte sur une terre étrangère, et à la bataille de Hastings ils combattent à la tête des troupes qui gagnent un royaume au prince normand.
En 1121, des habitants accourus en foule des bords de la Bresle et des pays voisins pour détruire une cité dont l'accroissement rapide semble devenir une menace pour eux, s'avancent sous la conduite de leur chef jusqu'à Poix même, en dévastant impitoyablement le pays qu'ils parcourent. Mais, grâce à l'intervention d'Enguerrand, 39e évêque d'Amiens, la paix est rétablie entre les belligérants, et les 13 envahisseurs réparent, en partie du moins, les maux occasionnés par leurs entreprises injustes.
En 1146, en 1190, les croisades appellent les peuples de l'Europe à la délivrance des lieux saints; sous la conduite de Hugues de Poix, de Gauthier, de Simon et de Mathieu, les habitants du pays poyer entreprennent le pèlerinage de la Terre-Sainte, et si leurs chefs ne gagnent pas des Etats dans les pays de l'Orient, plusieurs, du moins, ont l'insigne honneur de verser leur sang pour le triomphe de la civilisation chrétienne.
Dans les premières années du treizième siècle, au moment où la France voyait sa. puissance militaire affaiblie par les départs successifs de ses guerriers qui allaient combattre les infidèles en Asie, une ligue formidable se forme contre le roi de France, et les plaines de Bouvines voient de toutes parts arriver des bataillons qui, en comptant leur nombre se croient déjà assurés de la victoire. Mais Philippe-Auguste avait autour de lui une armée composée de milices résolues à vaincre, et l'issue de la bataille l'apprit aux puissance liguées contre le nom français. Chacun fit vaillamment son devoir, et ce jour-là fut pour les habitants de Poix le plus beau de leur histoire (1).(1) Augustin Thierry, Essai sur l'histoire du tiers état.
En 1346 et en 1415, les habitants de Poix payèrent encore largement leur dette à la patrie; en 1346, leur ville fut rançonnée, pillée et brûlée, pendant que ses habitants en état de porter les armes s'étaient rendus en toute hâte pour s'opposer à l'entrée des Anglais sur les terres du roi de France et défendaient le Pas de Poissy (2).(2) "La commune d'Amiens, chargée de garder le Pas-de-Poisy, le défendit avec un grand courage; en 1346. Le dimanche avant la mi-août, douze cent Amiénois, nouveaux spartiates, se firent tous tuer plutôt que d'abandonner ce poste important." ( Dusevel, Histoire d'Amiens, p. 153)
En 1415, à la funeste bataille d'Azincourt, Jeannet de Poix, depuis grand amiral de France, fut fait prisonnier des Anglais, et Roques de Poix trouva la mort sur le champ de bataille. 14 Non loin de là, tombait également Jean V Tyrel, et avec lui s'éteignait la branche aînée des Tyrel, qui avait possédé la châtellenie de Poix pendant près de quatre siècles, depuis l'an 1030 jusqu'à l'année 1417.

Charte de commune. - L'ère de l'émancipation communale s'ouvrit pour les habitants de Poix dans la dernière partie du XIIe siècle.
En 1208, Gauthier Tyrel, Ve du nom, du consentement de sa femme Ade, confirma la concession qui avait été fait à la ville de Poix par son père, en l'an 1173. Il jura, en faveur des habitants, une nouvelle charte de commune, en leur permettant de choisir dans les chartes de Saint-Quentin, d'Abbeville et d'Amiens, telles dispositions qu'ils jugeraient convenable d'adopter; une des clauses porte ce qui suit :
"Que les habitants de la ville et banlieue de Poix sont obligés de s'assembler le dimanche après Quasimodo pour procéder à l'élection du maire et des échevins, et ceux-ci sont tenus, avant de pouvoir remplir aucune fonction de leur charge, de se faire reconnaître et agréer par les seigneurs princes de Poix et de prêter serment devant leurs offciers, et ce à peine de nullité de leurs actes et sentences. Lesdits officiers font les règlements de police par prévention sur lesdits maires et échevins".
Cette charte de commune de Poix, octroyée en 1208, par Gauthier V Tyrel, chevalier, sire de Poix, fut ratifiée, approuvée et confirmée par les rois de France en 1208, en 1255. en 1393 et 1427; elle est en latin et contient XXIII articles, comme le prouvent les lettres de confirmation données par le roi Charles VI, en mars 1393, commençant par ces mots : Karolus, etc., notum facimus universis prœsentibus pqriter et ,futuris, nos vidisse litteras formam quoe sequitur continentes, etc., et se terminant ainsi : Datum Parisiis, anno Domini millesimo trecentesimo nonagesimo tertio et regni nostri XIII mensis martii (1).(1) Ordonnances des rois de France, tome VII, page 600. 15
Les habitants de Poix ayant perdu, dans divers incendies et dans le pillage de leur ville, les chartes qui leur avaient conféré le droit de s'ériger en commune, le roi Charles VII leur accorda une nouvelle charte confirmative de leurs anciens privilèges.
Voici la teneur de cet acte, qui porte la date de l'année1427:
" La ville de Poix dont était seigneur Jehan, dit Thuriot (Jean Tvrel), chevalier, sans coulpe et sans fraude des bourgeois et habitants, fut du tout ruinée, bruslée et détruicte avec les biens meubles et cateaux (châteaux) desdits habitants et bourgeois, ce que nous référons avec douleur et regret...., par laquelle invasion, ruine horrible et bruslement, ils ont perdu leurs cartes (chartes), lettres, aptes, instruments et minutes qu'ils avaient par devers eux, faisant mention de la fondation et institution de la commune d'icelle ville, concédées et données à eux et à leurs successeurs tant par les illustres Princes et Rois de France que par nos prédécesseurs, l'an de grâce 1208..., confirmées en 1255..., en 1393..., etc. "
Avant 1790, la ville de Poix était entourée de murs, avec plusieurs portes d'entrées ; elle avait deux châteaux, deux églises paroissiales: l'une de Notre-Dame et l'autre de Saint-Martin, deux prieurés d'hommes: l'un du titre de Saint-Denis et l'autre de Notre-Dame dont l'église était en même temps paroissiale, un Hôtel-Dieu, une maladrerie du litre de Saint-Ladre (Saint-Lazare). avec un chapelain pour la desservir (1).(1) Làbbé Pouillet, manucrit. - Voyez plus loin aux Pièces justificatives de la famille de Moyencourt, n°1.

Eglise de Poix. - L'église ancienne de cette ville fut bâtie par les premiers seigneurs de Poix et placée dans l'enceinte des murs du plus important de leurs châteaux.
L'église actuelle date du XVI siècle (2), elle est du style ogival flamboyant avec pendentifs ornés de la renaissance, 16 et a pour vocable l'Assomption de la Sainte-Vierge.(2) Cette église fut terminée par les soins d'Àntoine, cardinal de Créquy, 74e évêque d'Amiens, et sire de Poix. (Voyez plus loin Ie tableau chronologique des sires de Poix, 22' degré bis) Cette église est remarquable et très-intéressante, d'abord à I extérieur par son portail et par ses croisées très-variées qui, pour la plupart, appartiennent au style flamboyant; puis, lorsqu'on pénètre dans son enceinte, on ne peut voir, sans surprise, sa belle voûte qui est d'une légèreté et d'une hardiesse admirable. Quarante-cinq culs-de-lampe de près d'un mètre de saillie y sont appendus comme des stalactites, et représentent l'histoire du christianisme dans cette partie de la Picardie. Ceux de la croisée de l'abside représentent des armoiries. Au centre sont les armes de France. A l'Orient est l'antique écu des vaillants Tyrel, sires de Poix, et à l'Occident celui des Créquy, leurs dignes successeurs.
Cet édifice est l'un des plus beaux monuments du département de la Somme.

Prieurés. - 1° Saint-Denis de Poix. Ce prieuré fut fondé en 1116, par Gauthier III Tyrel, sire de Poix, etc., pour des hommes de l'ordre de Saint-Augustin ; l'église, pIacée sous l'invocation de Saint-Denis, fut bâtie et richement dotée par le fondateur. Ce prieuré, qui relevait du monastère de Saint-Quentin, près Beauvais, subsista jusqu'en 1790, époque à laquelle furent supprimés tous les couvents.
A l'entrée de la chapelle castrale de l'église de Poix, était appendu, avant 1790, un tableau avec cette inscription en lettres d'or, qui est consignée dans les registres de la fabrique:

AU NOM DE LA GLOIRE DE DIEU.

Madame Armande de Lusignan, descendue des rois de Cypre et de Jérusalem, de l'illustre maison de Lusignan, duchesse de Créquy, princesse douairière de Poix, dame d'honneur de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, a fait poser ce tableau pour apprendre à la postérité que cette église et le prieuré de Saint-Denis ont été fondés, en l'an 1117, par M. Gauthier du Tyrel, sire de la ville de Poix et vicomte d'Esquennes, qui non-seulement a donné à ladite église tous les bâtiments de ce prieuré, mais encore un grand nombre de terres, 17 droits, et possessions qui en composent le revenu, et méme le seigneur de Poix, pou donner une plus grande ,marque de sa piété et dévotion, s'est dépouillé d'une partie de sa seigneurie et l'a donnée au prieur de Saint-Denis, pour en jouir indépendamment comme il l'a fait depuis plusieurs siècles. Les lettres en forme de charte de cette donation portent qu'elle a été faite par aumône et piété, pour avoir part à toutes les prières que les religieux dudit prieuré étaient tenus de faire dans tous les offices des églises.

Ce prieuré portait pour ARMES: de sinople, à deux fasces engrelées d'argent.

2° Notre-Dame de Poix. - Ce prieuré, moins ancien que le premier était placé dans l'église actuelle, et dépendait de l'abbaye de Saint-Germain-de-FIaix; au diocèse de Beauvais. Son prieur, qui était commandataire, avait, en cette qualité, une partie de la seigneurie de Poix.
Ce prieuré portait pour ARMES: d'or, a trois daims de sable, posés 2 et 1.

Ancien doyenné de Poix. - Ce doyenné fut érigé au XIIe siècle. Un pouillé de l'évêché d'Amiens, rédigé par les soins de Guillaume de Mâcon, 51e évêque d'Amiens, pour l'année 1301, attribue au doyenné de Poix 10 autels desservis par autant d'ecclésiastiques, savoir: 49 cures, dont 26 à la nomination de l'évêque; 12 chapelles et 9 prieurés. L'évêque y était représenté par cinq fondés de pouvoir.
L'étendue de ce doyenné était très considérable, il comprenait alors 8 lieues dans sa plus grande longueur, depuis Fluy jusqu'à Formerie, et 5 lieues dans sa plus grande largeur (1).(1) L'abbé Pouillet, Ephémérides Pohières, p. 3.
En 1635, ce doyenné comprenait 50 cures, dont 23 appartiennent encore aujourd'hui au canton de Poix; nous citerons seulement les cures suivantes :
Cure de Notre-Dame-de-Poix, qui valait 800 livres de revenus par an. Patron, Ie prieur du lieu.
Cure de Saint-Denis-de-Poix, valant aussi 800 livres.18
Cure de Saint-Martin-de-Poix, valant 600 livres. Patron, l'Abbé de Saint-Quentin-de-Beauvais.
- Croixrault, vicariat de l'église Saint-Martin -de-Poix.
Prieuré de Notre-Dame-de-Poix, qui valait 2,000 livres de revenus par an.
Prieuré de Saint-Denis-de-Poix, d'une valeur de 800livres. La maladrerie de Poix, de fondation rovale, valait 600 livres, et était à la collation du Grand-Aumônier de France.
La chapelle de cette maladrerie valait 110 livres.
La chapelle de Saint-Hildevert-de-Poix valait 106 livres.
La chapelle de Sainte-Marie-de-Poix valait 100 livres.
La chapelle de Saint-Pierre, paroisse de Saint-Martin de Poix, valait 95 livres, etc. (1).(1) Notes données par M. Dubois, adjoint de la commune de Croixrault (Somme), ami intime et collaborateur de feu l'abbé Pouillet, curé de Moyencourt.
Mais, par ordonnance de François Lefevre de Caumartin, 76e évêque d'Amiens, donnée le 14 avril 1639, le grand doyenné de Poix fut démembré pour former celui de Grandvilliers (Oise), qui comprenait alors 28 cures ou paroisses dont 7 font encore partie du département de la Somme.
Le doyenné actuel de Poix contient 33 communes et comprend 1 cure de 2e classe, 19 succursales, 1 chapelle vicariale, 1 chapelles de secours et 12 églises sans titre.
Le 15 avril 1790, un décret de l'Assemblée nationale substitua aux provinces 83 départements, divisés en districts, cantons et municipalités. On forma alors de l'ancien doyenné de Poix le canton de Poix et une partie de ceux de Formerie, Grandvilliers, Conty et Molliens-Vidame.

Châteaux de Poix. - Avant 1790, il y avait dans la ville de Poix deux châteaux bâtis par les anciens sires de Poix; mais le plus considérable était celui qui fut construit près de l'église actuelle. Ce château était défendu par plusieurs tours et fermé de murs ; il fut détruit de fond en comble depuis 1800. Son emplacement, au-dessus du cimetière, est aujourd'hui couvert de bois; mais une partie des souterrains de ce château existe encore aujourd'hui. 19

Seiqneurie ou Sirerie de Poix, - La sirerie de Poix était très-ancienne et considérable, elle avait haute, moyenne et basse justice, et ne relevait que du roi de France, à cause de son bailliage d'Amiens. De la terre de Poix relevaient dix-huit villages et hameaux avec neuf fiefs mais d'autres Seigneuries et de nombreux fiefs en relevaient en arrière-fiefs. Le revenu de cette châtellenie n'était néanmoins que de 12,000 livres en 1700, attendu que plusieurs de ses mouvances étaient passées en tout ou en partie aux vidames de Picquigny.
Les sires de Poix, en relevant du roi de France, devaient lui rendre hommage à chaque mutation de seigneur, et devaient fournir aveu et dénombrement à chaque mutation de souverain.

La terre de Poix, qui portait le titre de Principauté, fut érigée en Duché-Pairie sous le nom de Créquy, en faveur de Charles de Créquy (1), pair de France, par lettres patentes du roi Louis XIV, données à Melun en juin 1652, registrées au Parlement de Paris, le 15 décembre 1663, en vertu des lettres de surannation, du 11 du même mois, et en la chambre des comptes, le 12 avril 1677. (1) Charles III de Blanchefort, sire de Créquy, prince de Poix, etc. Ce nouveau duché relevant du roi et de la couronne, à une seule foi et hommage. Cette pairie fut éteinte par la mort du même Charles de Créquy, en 1687. Elle comprenait la ville de Poix, la vicomté d'Esquennes, la châtellenie d'Agnières, les terres et seigneuries d'Arnehou , Blangy, Cempuis, Croixrault, Eramecourt, Escantu, Essilières, Frettemolle, Hélincourt. la Rue Notre-Dame, Saint-Clair et Vandricourt (2).(2) Voyez le 9e volume des ordonnances de Louis XIV, fol. 475;- le p. Anselme, t. IV, in-fol., p. 688 à 692; - Généalogie des Tyrel, sires de Poix, manuscrit, etc.


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TABLEAU CHRONOLOGIQUE

SIRES, PRINCES, PUIS DUCS DE POIX

(1630-1869)

La terre de Poix a passé de ses premiers seigneurs dans plusieurs illustres maisons qui l'ont possédée à différents titres. Elle a appartenu :

aux Tyrel (1030-1417),
aux Soissons-Moreuil (1417-1510),
aux Créquy (1510-1574),
aux Blanchefort-Créquy, (1574-1687),
aux La Trémoille (1687-1717),
aux Rouillé (1718-1729). et enfin
aux Noailles (1729-1790).

Cette maison possède encore aujourd'hui une partie de l'ancien domaine de Poix.


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I. - Maison des Tyrel : 1030-1417

1er Degré
1030.
GAUTHIER 1er TYRELL ou TYREL, originaire de la Normandie, tige de sa maison, sire de Poix et possesseur des terres de Bussy, Croixrault, Equennes, Famechon, Frémontiers, Moyencourt, etc.; mort en 1068.
2
1068.
GAUTHIER II TYREL, fils, sire de Poix, seigneur de Bussy, Croixrault, Equennes, Famechon, Frémontiers, Moyencourt, etc.; mort en 1110.
3
1110
GAUTHIER III TYREL, fils, sire de Poix, seigneur d'Agnières, de Bussy, Croixrault, Equennes , Famechon, Frémontiers, Moyencourt, etc.; mort en 1146.
4
1146
HUGUES Ier Tyrel, fils, chevalier, sire de Poix, qualifié Prince de Poix, seigneur 21 d'Agnières, de Bussy, Equennes, Famechon, Frémontiers, Moyencourt, etc.; mort en 1159.
Ce fut ce seigneur qui donna, en 1158, la terre de Moyencourt à Adam Tyrel, son 4e fils, lequel fut la tige de la famille de Moyencourt.
5
1159
GAUTHIER IV TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix, vicomte d'Equennes, seigneur de Bussy, Croixrault, Famechon, etc.; mort sans enfants vers 1171.
5 bis
1159
Hugues II TYREL, frère, chevalier, fut d'abord seigneur d'Agnières, de La Chapelle, etc., puis sire de Poix, vicomte d'Equennes, seigneur de Bussy, Courcelles, Croixrault, Famechon, Frémontiers, etc.; mort en 1199.
6
1199
GAUTHIER V TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix, vicomte d'Equennes, seigneur d'Agnières, de Bergicourt, Bettembos, Blangy, Bussy, Camps, Caullières, Courcelles, Croixrault, Famechon, Frémontiers, Fricamps, La Chapelle, etc.; mort en 1228.
7
1228
HUGUES III TYREL, fils aîné, chevalier, sire et prince de Poix, vicomte d'Equennes, châtelain de Lignières et de Quevauvillers. seigneur de Bergicourt, Eplessier, Famechon, Croixrault, etc.; tué eu 1272.
8
1272
GUILLAUME I TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix et de Famechon, vicomte d'Equennes, châtelain de Lignières et de Quevauvillers seigneur de Blangy, Bussy, Croixrault Saint-Aubin, La Chapelle, etc.;
mort eu 1302.
9
1302
GUILLAUME II TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix, vicomte d'Equennes et de Famechon, châtelain de Lignières, seigneur de Bergicourt, Blangy, Croixrault, Eplessier, etc.; mort en 1323.
10
1323
22 JEAN 1er TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix, vicomte d'Equennes et de Famechon, châtelain de Lignières, seigneur de Bergicourt, Blangy. Croixrault, Eplessier, La Chapelle; etc. tué à la bataille de Crécy, en 1346.
11
1346
JEAN Il TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix, vicomte d'Equennes et de Famechon, châtelain de Lignières, seigneur de Bergicourt, Blangy, Croixrault, Eplessier, etc.; mort en 1361.
12
1361
JEAN III TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix, vicomte d'Equennes, seigneur de Bergicourt, Blangy, Croixrault , Eplessier, puis d'Arcy, Artonges, de Mareuil-en-Dôle, en Valois, du chef de sa femme, etc.; mort vers 1381.
13
1381
JEAN IV TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix, vicomte d'Equennes, seigneur d'Agnières, d'Arey, Artonges, Blangy, Croixrault, Eplessier, Eramecourt, Famechon, Mareuil, etc.; tué en 1402.
14
1402
JEAN V TYREL, fils aîné, chevalier, sire de Poix, vicomte d'Equennes, seigneur d'Agnières, d'Arcy, Artonges, Famechon, Mareuil, etc.; tué à la bataille d'Azincourt, en 1415.
15
1415
PHILIPPE TYREL, fils unique, écuyer, sire de Poix, qui fut le dernier mâle de la branche aînée des Tyrel, et mourut en 1447, âgé de 12 ans.

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II. - Maison de Soissons-Moreuil : 1417-1510.

16
1417
THIBAUT DE SOISSONS, chevalier, fut d'abord vicomte de Cœuvres en Valois et de Mont-Notre-Dame en Tardenois, sire de Moreuil, en Picardie, etc., puis devint seigneur de Poix, d'Eplessier, d'Equennes, 23 de Mareuil en-Dôle etc., du chef de Marguerite Tyrel, dame desdits lieux, sa femme. il mourut en 1434.
17
1434
VALERAN DE SOISSONS, fils aîné, chevalier, sire de Poix, seigneur de Moreuil, etc.; bailly d'Amiens, chambellan du duc de Bourgogne et gouverneur de la ville de Chauny en Vermandois, pour le même prince; mort en 1464.
18
1464
JEAN 1er DE SOISSONS, fils aîné, chevalier, sire de Poix, seigneur de Moreuil, baron de Domart, etc., conseiller et chambellan des rois Charles VII et Louis Xl. Il fut bailly de la ville de Troyes., et grand-bailly de Vermandois, de 1470 à 1476; mort en 1479.
19
1479

JEAN II DE SOISSONS, fils, chevalier, sire de Poix, seigneur de Moreuil, baron de Domart, etc., conseiller et chambellan du roi, bailly de Troyes et grand-bailly de Vermandois en 1480, 1490 et 1509; mort en 1510, sans postérité.

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III. - Maison de Créquy : 1510-1574.

20
1510
JEAN 1er DE CREQUY (7e du nom de sa génération), chevalier, sire de Créquy, puis de Poix, du chef de Jossine de Soissons, sa femme; il fut capitaine de cavalerie, gouverneur de la ville de Montreuil-sur-Mer; il mourut en 1547.
21
1457
JEAN II DE CREQUY (8e du nom), fils, chevalier, sire de Créquy et de Poix, chevalier de l'ordre du roi, capitaine des cent gentilshommes de la maison de sa Majesté, ambassadeur de France en Angleterre, et mourut en 1555.
22
1555
JEAN III DE CREQUY, fils aîné, chevalier, sire de Créquy et de Poix, capitaine d'une 24 compagnie de 50 hommes d'armes, et fut tué à la bataille de Saint-Quentin, en 1557.
22 bis
1555
ANTOINE DE CREQUY, frère, chevalier de l'ordre de Saint-Miche!, sire de Créquy et de Poix à la mort de son frère aîné. Il devint le 74 évêque de Nantes en 1554, puis le 74 évêque d'Amiens en 1561. cardinal en 1565; mort en 1574.
C'est à ce prélat que I'église Notre-Dame de Poix doit toutes ces sculptures et ces pendentifs admirables qui ornent la voûte de ce beau monument.

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IV. - Maisont de BIanchefort-Créquy : 1574-1687.

23
1574
ANTOINE DE BLANCHEFORT, neveu du précédent, seigneur de Saint-Jauvrin puis sire de Créquy et de Poix. Il fut institué héritier universel par le cardinal, son oncle, à la condition par lui et ses successeurs, de prendre le nom et les armes de Créquy.
24
1600
CHARLES 1er DE BLANCHEFORT-CREQUY, fils, chevalier, marquis de Créquy, prince de Poix, duc de Lesdiguières, comte de Sault, etc., pair et maréchal de France, chevalier des ordres du roi, premier gentilhomme de la chambre de Sa Majesté, ambassadeur à Rome et à Venise, et l'un des plus célèbres capitaines de son temps; tué d'un coup de canon à la bataille de Brême, en 1638.
CHARLES II DE BLANCHEFORT-CREQUY, fils, chevalier, sire de Créquy, tué au siége de Chambéry, en 1630.
25
1638
CHARLES III DE BLANCHEFORT-CREQUY, fils, chevalier, marquis de Créquy, prince de Poix, etc., pair de France, chevalier des ordres du roi, premier gentilhomme de sa chambre, gouverneur de Paris 25 et lieutenant-général des armées du roi. Ce fut en faveur de Charles III que le roi Louis XIV érigea la terre de Poix en duché-pairie, par lettres patentes du mois de juin 1652; il mourut en 1687.

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V. - Maison de la Trémoille : 1687-1717.

26
1687
MADELEINE DE BLANCHEFORT-CREQUY, fille unique, dame et duchesse de Poix; morte en 1711. Avec elle s'éteignit le duché-pairie de Poix.
- Épousa, en 1675, CHARLES-BELGIQUE-HOLLANDE DE LA TREMOILLE, chevalier, prince de Tarente, chevalier des ordres du roi, etc.
27
1711
MARIE ARMANDE DE LA TREMOILLE, fille unique, princesse de Tarente, dame de la principauté de Poix, morte en 1717.
- Épousa, en 1696, EMMANUEL-THEODOSE DE LA TOUR, duc de Bouillon, mort en 1730.

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VI. - Maison de Rouillé: 1718-1729.

28
1718

MARGUERITE THERESE DE ROUILLE, baronne de Meslay, puis dame de la principauté de Poix, de la vicomté d'Equennes et de la châtellenie d'Agnières, par acquisition de ces terres, le 2 septembre 1718, moyennant 432,000 fr.; elle fit son testament le 23 juillet 1729, en faveur du suivant.
- Épousa : 1° FRANCOIS, marquis de NOAILLLES;
2° ARMAND-JEAN DU PLESSIS, duc de Richelieu.


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VII. - Maison de Noailles: 1729-1790.

29
1729
PHILIPPE, COMTE DE NOAILLES, 2e fils du maréchal duc de Noailles et neveu de la précédente, chevalier, grand d'Espagne de première classe, prince de Poix, 26 comte de la Motte-TiIly , seigneur de Blangy, Frettemolle, Souplicourt, etc., puis duc de Mouchy, chevalier de la Toison d'or, grand-croix de Malte, chevalier des ordres du roi et maréchal de France. Il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris, ainsi que sa femme Anne-Claude-Louise d'Arpajon. Ils furent exécutés le même jour, 27 juin 1794. Ainsi périt victime le dernier sire de Poix, à l'âge de 79 ans.
30
1794
LOUIS-PHILIPPE-MARIE, COMTE DE NOAILLES, prince de Poix, 2e fils, chevalier de Malte, pair de France; et capitaine des gardes du roi Louis XVIII; mort en 1819.
31
1819
ANTOINE-CLAUDE-DOMINIQUE-JUST, COMTE DE NOAILLES, duc de Poix, 2e fils, grand d'Espagne de première classe, chevalier des ordres de Malte, de Saint-Louis et du Saint-Esprit, ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg; mort en 1846.
32
1846
CHARLES-PHILIPPE-HENRY DE NOAILLES , duc de Mouchy, prince de Poix, fils, sénateur, chevalier de la Légion d'Honneur, etc.; mort en 1854.
33
1854
ANTOINE-JUST-LEON-MARIE DE NOAILLES, duc de Mouchy, prince-duc de Poix, fils, grand d'Espagne de première classe, né en 1841, chef actuel de la branche dite des princes de Poix.
Femme : Marié à Paris, le 18décembre 1865, à la princesse ANNA MURAT, née le 3 janvier 1841.
Dont vint: FRANCOIS-JOSEPH-EUGENE-NAPOLEON.
34
  FRANCOIS-JOSEPH-EUGENE-NAPOLEON DE NOAILLES DE MOUCHY DE POIX, né à Paris le 25 décembre 1866.

Armes de la maison DE NOAILLES : De gueules, à la bande d'or.

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